Version Agrégation Interne 2018
Durante muchos años, de
niño y también luego, de adolescente y muy joven, cuando aún miraba con ojos
dubitativos a la chica de la papelería, supe sólo que mi padre había estado
casado con la hermana mayor de mi madre antes que con mi madre, con Teresa
Aguilera antes que con su hermana Juana, las dos niñas a las que se refería a veces
mi abuela cuando contaba anécdotas del pasado, o más bien decía sólo “las niñas”
para diferenciarlas de sus hermanos, a los que en cambio llamaba “los muchachos”.
No es solamente que los hijos tarden mucho en interesarse por quiénes fueron sus
padres antes de conocerlos (por lo general ese interés se produce cuando esos
hijos se acercan a la edad que tenían los padres cuando en efecto los
conocieron, o cuando a su vez tienen hijos y entonces se recuerdan de niños a
través de ellos y se preguntan perplejos por las tutelares figuras con que
ahora se corresponden), sino que los padres se acostumbran a no despertar
curiosidad alguna y a callar sobre sí mismos ante sus vástagos, a silenciar
quiénes fueron o acaso lo olvidan. Casi todo el mundo se avergüenza de su
juventud, no es muy cierto que se añore como se dice, más bien se relega o
rehúye y con facilidad o esfuerzo se confina el origen a la esfera de los malos
sueños, o de las novelas, o de lo que no ha existido. La juventud se oculta, la
juventud es secreta para quienes ya no nos conocen jóvenes.
Ranz y mi madre nunca
ocultaron el matrimonio de Ranz con quien habría sido mi tía teresa de haber
vivido o no lo habría sido), un matrimonio brevísimo de cuya disolución sólo
supe que la había causado la temprana muerte, pero en cambio no supe (no lo
pregunté tampoco) el porqué de esa muerte durante muchos años, y durante muchos
más creí saberlo en esencia y se me engañaba, cuando por fin pregunté se me dio
una respuesta falsa, que es otra de las cosas a las que acostumbran los padres,
a mentir a los niños sobre su juventud olvidada.
Javier Marías, Corazón tan blanco, Compactos Anagrama,
pp. 125-126.
Traducción transitoria:
11 commentaires:
Durante muchos años, de niño y también luego, de adolescente y muy joven, cuando aún miraba con ojos dubitativos a la chica de la papelería, supe sólo que mi padre había estado casado con la hermana mayor de mi madre antes que con mi madre, con Teresa Aguilera antes que con su hermana Juana, las dos niñas a las que se refería a veces mi abuela cuando contaba anécdotas del pasado, o más bien decía sólo “las niñas” para diferenciarlas de sus hermanos, a los que en cambio llamaba “los muchachos”.
Pendant de nombreuses années, enfant et aussi plus tard, adolescent et très jeune, quand je regardais encore la fille de la papeterie avec des yeux dubitatifs, j’ai appris seulement que mon père avait été marié avec la grande soeur de ma mère avant de l’être avec ma mère, avec Teresa Aguilera avant de l’être avec sa soeur Juana, les deux fillettes dont parlait parfois ma grand-mère quand elle racontait des anecdotes du passé, ou plutôt elle disait juste “les fillettes” pour les différencier de leurs frères, qu’elle appelait, en revanche, “les jeunes hommes”.
Je te fais quelques propositions :
Durante muchos años, de niño y también luego, de adolescente y muy joven, cuando aún miraba con ojos dubitativos a la chica de la papelería, supe sólo que mi padre había estado casado con la hermana mayor de mi madre antes que con mi madre, con Teresa Aguilera antes que con su hermana Juana, las dos niñas a las que se refería a veces mi abuela cuando contaba anécdotas del pasado, o más bien decía sólo “las niñas” para diferenciarlas de sus hermanos, a los que en cambio llamaba “los muchachos”.
Pendant de nombreuses années, enfant et aussi plus tard, adolescent et très jeune, quand ["du temps où" ?] je regardais encore la fille de la papeterie avec des yeux dubitatifs, j’ai appris [Avec "savoir"] seulement que mon père avait été marié avec la grande ["aînée"] soeur de ma mère avant de l’être avec ma mère, [deux points ?] avec Teresa Aguilera avant de l’être avec [Nécessaire ? = "avant sa sœur"] sa soeur Juana, les deux fillettes ["niñas" serait plutôt dans le sens de "filles"] dont parlait [Pour coller plus à la V.O. : "auxquelles faisait référence" ?] parfois ma grand-mère quand ["lorsqu'"] elle racontait des anecdotes du passé, ou plutôt elle disait juste “les fillettes” pour les différencier de leurs frères, qu’elle appelait, en revanche, “les jeunes hommes” ["garçons" ou "jeunes" ?].
Avant tout, une précision: je me mets plus en mode "thème" que traduction.
Durante muchos años, de niño y también luego, de adolescente y muy joven, cuando aún miraba con ojos dubitativos a la chica de la papelería, supe sólo que mi padre había estado casado con la hermana mayor de mi madre antes que con mi madre, con Teresa Aguilera antes que con su hermana Juana, las dos niñas a las que se refería a veces mi abuela cuando contaba anécdotas del pasado, o más bien decía sólo “las niñas” para diferenciarlas de sus hermanos, a los que en cambio llamaba “los muchachos”.
Pendant de nombreuses années, enfant et aussi plus tard, adolescent et très jeune, quand je regardais encore la fille de la papeterie avec des yeux dubitatifs, j’ai su seulement que mon père avait été marié avec la soeur aînée de ma mère avant de l’être avec ma mère, [deux points ? // il me semble que dans ce texte les virgules sont super importantes, elles créent un discours d enfant, non? C est pour ça que j ai choisi de ne pas couper les phrases avec la ponctuation] avec Teresa Aguilera avant de l’être avec [Nécessaire ? = "avant sa sœur" // l auteur répète la formule, c est pour ça que je le suis] sa soeur Juana, les deux fillettes ["niñas" serait plutôt dans le sens de "filles" // oui, mais c est pour être cohérente avec la deuxième fois que "niñas" apparaît. et qui distingue clairement l apélation de petites filles en comparaison avec des jeunes hommes, alors qu ils ont le même âge, non?] auxquelles faisait référence parfois ma grand-mère quand elle racontait des anecdotes du passé, ou plutôt elle disait juste “les fillettes” pour les différencier de leurs frères, qu’elle appelait, en revanche, “les jeunes garçons".
Avant tout, une précision: je me mets plus en mode "thème" que traduction.
*** Et moi, en mode interprétation discursive ;-)
Durante muchos años, de niño y también luego, de adolescente y muy joven, cuando aún miraba con ojos dubitativos a la chica de la papelería, supe sólo que mi padre había estado casado con la hermana mayor de mi madre antes que con mi madre, con Teresa Aguilera antes que con su hermana Juana, las dos niñas a las que se refería a veces mi abuela cuando contaba anécdotas del pasado, o más bien decía sólo “las niñas” para diferenciarlas de sus hermanos, a los que en cambio llamaba “los muchachos”.
Pendant de nombreuses années, enfant et aussi plus tard, adolescent et très jeune, quand je regardais encore la fille de la papeterie avec des yeux dubitatifs, j’ai su seulement que mon père avait été marié avec la sœur aînée de ma mère avant de l’être avec ma mère, [deux points ? // il me semble que dans ce texte les virgules sont super importantes, elles créent un discours d enfant, non? C est pour ça que j ai choisi de ne pas couper les phrases avec la ponctuation /// À mon avis, ce n'est pas un discours d'enfant, c'est un adulte qui raconte/explique sa vie passée] avec Teresa Aguilera avant de l’être avec [Nécessaire ? = "avant sa sœur" // l auteur répète la formule, c est pour ça que je le suis /// D'accord, dans ce cas, regarde si ta formule d'avant ne peux pas être simplifiée] sa sœur Juana, les deux fillettes ["niñas" serait plutôt dans le sens de "filles" // oui, mais c est pour être cohérente avec la deuxième fois que "niñas" apparaît. et qui distingue clairement l apélation de petites filles en comparaison avec des jeunes hommes, alors qu ils ont le même âge, non? /// Je pense plutôt que c'est un "niñas" "cariñoso" qui lui permet de faire référence à ses filles sans distinguer celle qui est vivante de celle qui est morte et une manière d'établir une distance avec ses garçons. Le problème ici, c'est que le narrateur parle de "del pasado", mais en général, pas uniquement de leur enfance.] auxquelles faisait référence parfois ma grand-mère quand elle racontait des anecdotes du passé, ou plutôt elle disait juste “les fillettes” pour les différencier de leurs frères, qu’elle appelait, en revanche, “les jeunes garçons" [Naturel ?].
Pendant de nombreuses années, enfant et aussi plus tard, adolescent et très jeune, quand je regardais encore la fille de la papeterie avec des yeux dubitatifs, j’ai su seulement que mon père avait été marié avec la sœur aînée de ma mère avant ma mère, [deux points ? // il me semble que dans ce texte les virgules sont super importantes, elles créent un discours d enfant, non? C est pour ça que j ai choisi de ne pas couper les phrases avec la ponctuation /// À mon avis, ce n'est pas un discours d'enfant, c'est un adulte qui raconte/explique sa vie passée// oui, mais genre dans un flux de pensé presque enfantin, non? Ou pas si enfantin, mais chaotique...] avec Teresa Aguilera avant sa sœur Juana, les deux fillettes ["niñas" serait plutôt dans le sens de "filles" // oui, mais c est pour être cohérente avec la deuxième fois que "niñas" apparaît. et qui distingue clairement l apélation de petites filles en comparaison avec des jeunes hommes, alors qu ils ont le même âge, non? /// Je pense plutôt que c'est un "niñas" "cariñoso" qui lui permet de faire référence à ses filles sans distinguer celle qui est vivante de celle qui est morte et une manière d'établir une distance avec ses garçons. Le problème ici, c'est que le narrateur parle de "del pasado", mais en général, pas uniquement de leur enfance// ok, mais le problème c est qu il faut avoir le même moyen français pour les deux fois, non?.] auxquelles faisait référence parfois ma grand-mère quand elle racontait des anecdotes du passé, ou plutôt elle disait juste “les fillettes” pour les différencier de leurs frères, qu’elle appelait, en revanche, “les jeunes garçons" [Naturel ?].
Voici l'idée :
Durante muchos años, de niño y también luego, de adolescente y muy joven, cuando aún miraba con ojos dubitativos a la chica de la papelería, supe sólo que mi padre había estado casado con la hermana mayor de mi madre antes que con mi madre, con Teresa Aguilera antes que con su hermana Juana, las dos niñas a las que se refería a veces mi abuela cuando contaba anécdotas del pasado, o más bien decía sólo “las niñas” para diferenciarlas de sus hermanos, a los que en cambio llamaba “los muchachos”.
Pendant de nombreuses années, enfant et aussi plus tard, adolescent et très jeune, lorsque je regardais encore la fille de la papeterie avec des yeux dubitatifs, j’ai seulement su que mon père avait été marié avec la sœur aînée de ma mère avant ma mère, avec Teresa Aguilera avant sa sœur Juana, les deux filles auxquelles faisait parfois référence ma grand-mère quand elle racontait des anecdotes du passé, ou plutôt, elle disait juste “les filles” pour les différencier de leurs frères, qu’elle appelait, en revanche, “les garçons".
Moi j avais compris que tous avaient plus ou moins le même âge, mais que la grand-mère parlait des filles comme des petites (niñas) et des garçons comme des grands (muchachos).... C'est le "en cambio" et le "diferenciarlas" qui insinuent cette idée.
Je te laisse trancher puisque tu es la que sabe más de esto !!! : )))
D'accord ! Non, je pense que c'est juste une appellation pour les différencier sans les nommer, mais que ça n'a rien à voir avec l'âge. On peut demander à Nieves ce qu'elle comprend ?
Il te faut valider les extraits 14, 18 et 22 ! ;-)
OK!! On peut demander à Nini, oui
Je crois qu'il n'y a pas un rapport avec l'âge. D'ailleurs, le Drae définit "muchacho"ainsi: 2. m. y f. Niño que no ha llegado a la adolescencia. Je crois qu'il s'agit dans les deux cas des enfants. Je pense que le narrateur utilise "las niñas" pour ne pas las nommer avec une petite charge péjorative.
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